Année Frantz Fanon : Fanon et la guerre d’indépendance algérienne

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Cinquantenaire de Frantz Fanon

Le militant anticolonialiste Frantz Fanon est né en Martinique le 20 juillet 1925. Après des études secondaires à Fort de France (où il eut Aimé Césaire comme professeur) il s’engage, lui, fils d’esclave, dans les troupes du Général De Gaulle (FFL) pour libérer de l’occupation nazie les fils de ceux qui avaient fait enchaîner ses aïeux. De cette aventure, il revient, profondément déçu. Il a en effet découvert le racisme dans les rangs même des troupes avec qui il a combattu. Cette amère expérience fut décisive dans ses choix ultérieurs. Il entreprit, peu après sa démobilisation, des études de médecine à Lyon.

Devenu médecin - psychiatre, il est affecté à l’hôpital psychiatrique de Blida – Joinville, en Algérie, en novembre 1953. Durant son bref passage dans cet hôpital – asile, où les théories « racialistes » de la psychiatrie coloniale de l’école d’Alger sur les patients nord africains sont appliquées à la lettre, il constata que les souffrances mentales du patient nord africain proviennent pour une large part du fait de la situation de colonisation qui dure depuis plus d’un siècle.

Il tenta alors, non sans succès, de mettre en pratique une démarche de soin qui tient compte des références culturelles auxquelles le patient nord africain pouvait s’attacher. Les pratiques mises en place par Frantz Fanon, qu’on désignera plus tard sous le vocable de psychothérapie institutionnelle (ou social thérapie), rendirent plus humaines les conditions de séjour dans cet hôpital – asile où étaient parqués des patients jugés « incurables ».

Le 1er novembre 1954 éclata la lutte armée pour la libération du peuple algérien du joug du colonialisme. Frantz Fanon, ne pouvait pas rester indifférent aux souffrances d’un peuple en quête de justice et de liberté. Il rejoignit alors les rangs du Front de Libération Nationale Algérien (FLN) pour se mettre à la disposition de ce combat qu’il considérait comme le combat de tous les peuples soumis à à la domination coloniale. Son expérience et son engagement sans réserve l’amenèrent à exercer plusieurs responsabilités dans les organes dirigeants de la Révolution Algérienne. Cette Révolution se dota d’organes dirigeants et d’une plate forme politique lors du congrès du FLN qui s’est tenu dans la vallée de la Soumam (Kabylie) en Août – septembre 1956.

Pour contrer la propagande du système colonial, présentant les résistants algériens comme des bandes d’égorgeurs et de terroristes, la direction politique de la Révolution, sous la houlette de Abane Ramdane, met en place un dispositif de contre information dans lequel Frantz Fanon occupa une place de choix. Il fut en effet l’un des auteurs les plus prolifiques du journal du FLN – El Moudjahid.

De par sa proximité avec la direction politico militaire de la Révolution basée en Tunisie depuis la moitié de 1957, Frantz Fanon a vécu de l’intérieur les luttes intestines entre les dirigeants de la révolution qui se déroulaient sous ses yeux. Ces luttes qui ont abouti à l’élimination physique de cadres de grande valeur, ne l’ont pas simplement révulsé, elles lui ont permis d’approfondir sa réflexion sur la nature des mouvements de libération en Afrique sous domination coloniale.

Pour débattre de tous ses aspects et pour vous informer du travail colossal accompli par Frantz Fanon durant son engagement du côté du peuple algérien en lutte, Le Comité Mam’Ega, l’association Aldjazaïr-Salon et radio Galère vous convient à une Conférence débat, animée par :

Bélaïd Abane,
membre de la fondation ABANE Ramdane
le Samedi 18 juin 2011 à 18h
Au local de mille bâbords, 61 rue Consolat 13001 Marseille(Métro Réformés - Tramway National)