La Fondation

, par admin

- Le conseil d’administration de la fondation Frantz Fanon

- La Fondation Frantz Fanon

- Les objectifs de la Fondation

Le CA de la fondtion

Les membres du CA Pays
Samir Amin Egypte
Dydier Awaddi Sénégal
Pierre Beaudet Canada
Camille Chalmers Haïti
Jacques Coursil Martinique
Sonia Dayan-Herzbrun France
Marie-Claude Dongar-Pacquit Martinique
Doudou Diène Sénégal
Mireille Fanon Mendès-France France
Bakari Fofana France Guinée Conakry
François Gèze France
Edouard Glissant
Lewis Gordon USA
Ghazi Hidouci Algérie/France
Ahmad Jaradat Palestine
Madjid Laribi Algérie/France
Thomas Lebel Canada
Nelson Maldonnado Torres PortoRico/USA
Samuel Marie-Fanon France
Gustave Massiah France
François Maspero France
Madeleine Mukabano Rwanda/France
Vinod Raina Inde
Jerry Rawlings Ghana
Hamouda Soubhi Maroc
Moussa Tchangari Niger
Annick Thiéba-Melsan Guayane
Aminata Traoré Mali
Michel Warchawsky Israël

Pour la Fondation Frantz Fanon

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L’action de FANON se situe dans le contexte d’après-guerre marqué par la lutte idéologique entre le bloc occidental mené par les Etats-Unis et le bloc socialiste mené par l’Union Soviétique. La division est claire entre le monde capitaliste et le bloc socialiste, un troisième monde émerge au cours des années 1950-1960 : c’est le tiers-monde qui revendique lui aussi sa place dans les relations internationales et sa part dans le partage des richesses de la planète. Le tiers-monde affirme pour la première fois son existence politique en 1955 à la Conférence de Bandoung, en proclamant son refus de la bipolarisation du monde. De nombreux leaders du tiers-monde apparaissent en même temps que les mouvements de libération nationale et mènent une lutte de plus en plus radicale en Afrique, en Asie, en Amérique latine. Les années 1960 sont marquées par des répressions violentes et des assassinats d’hommes politiques représentant la lutte des peuples opprimés : répression sanglante en Indonésie en 1965 (500 000 morts), assassinat de Patrice Lumumba au Congo, assassinat de Che Guevara en Bolivie ; assassinat de Malcom X, de Martin Luther King aux Etats-Unis, assassinat de Mehdi Ben Barka au Maroc, procès de Rivonia en Afrique du Sud où Nelson Mandela et ses compagnons sont condamnés à la prison à vie…

Fanon, militant du FLN, rédacteur du journal El-Moudjahid, représentera le Gouvernement provisoire de la république algérienne, sans pour autant, connaître la victoire de ce rêve réalisé auquel il a tant contribué. C’est lui qui déclare la libération, par la mise à mort du système colonial et par l’inauguration d’une autre voie. Fanon, qu’il s’agisse de la folie, du racisme ou de l’" universalisme " confisqué par les puissants, ne cesse pas, au fond, de tenter de poser " un vivre ensemble ", à la manière d’une transformation en actes des situations où dominés et dominants ont, chacun, tout à perdre de la pérennisation des ordres et désordres existants. Fanon, cet insoumis, ce rebelle qui lutte tenacement et sans faille contre la domination exercée par les puissants sur les faibles, nous éclaire aujourd’hui à propos de l’articulation fondamentale entre d’une part, le droit à la rébellion devant un système social, politique et économique qui plonge le monde dans le désordre et d’autre part, une colonisation d’un nouveau type.

C’est là, l’actualité de la pensée de Fanon qui connaît aujourd’hui un nouvel essor dans bien des pays du monde, même si la France reste curieusement à l’écart de ce mouvement.

La nécessité de la création, de la libération, le refus d’un déterminisme historique qui se trace, à chaque fois, devant le colonisé d’hier et « le globalisé » d’aujourd’hui, obligé de se soumettre aux exigences du marché, au déterminisme imposé par les lois du marché et par les dominants.

Cette alternative se présentait hier, entre le système capitaliste et le système socialiste, Fanon appelant à l’inauguration d’une autre voie. Et aujourd’hui, ce même choix alternatif se présente entre un universalisme récupéré par les puissants dans le contexte du système capitaliste dit aussi mondialisation et les luttes pour la construction d’une société internationale fondée sur la solidarité, la coopération et l’amitié entre les peuples. C’est cette face politique de Fanon -connue - et qui aujourd’hui se révèle d’une actualité incontestable.

La Fondation Frantz Fanon, structure ouverte et en réseau, prend son sens dans cette série de questionnements mais aussi à partir de la question que posent les évènements et la lecture du monde : qu’arrive t il, aujourd’hui, à l’œuvre de Fanon, qu’en est il de sa présence et de ce qu’il pensait de la construction d’une « nouvelle humanité », d’un universel pluriel ? Cette Fondation positionnée en réseaux (Antilles, Etats-Unis, /Amérique latine, France-Europe, Moyen-Orient, Afrique de l’Ouest et Afrique de l’Est, Asie), travaillant de manière transversale, doit assurer la présence du travail de et à partir de Fanon aujourd’hui et dans le monde.

La particularité de la pensée de Fanon, à travers les différents terrains qu’il a lui-même investis, est d’avoir relié entre eux des lieux qui paraissaient éloignés l’un de l’autre, géographiquement (la France, les Caraïbes, le Maghreb, l’Afrique sub-saharienne) ou institutionnellement (l’hôpital psychiatrique et la scène politique). Ce travail transversal en réseaux doit servir à relier des lieux et à confronter sa pensée aux expériences, aux problèmes et aux problématiques du présent et en montrer l’actualité, car l’une des dimensions de la pensée de Fanon est sa "mondialité."

Mireille Fanon-Mendès France,

Présidente de la Fondation Frantz Fanon

Les objectifs de la Fondation Frantz Fanon

Frantz Fanon, dont la pensée plurielle a marqué la deuxième partie du vingtième siècle, était aussi un homme d’action qui refusait « le cours des choses » réduit à l’oppression multiséculaire des hommes, des femmes et des peuples par des Etats prétendant exporter leur conception de la civilisation.

Son influence a été multiple, il est encore aujourd’hui lu et commenté dans des régions de plus en plus étendues du monde. Ceux qui s’inspirent de lui ont en commun de mener une réflexion et souvent aussi d’initier des actions pour lutter contre les aliénations de toute forme dans la perspective de transformer le monde et de contribuer à une montée en humanité.

La colonisation revêt aujourd’hui de nouvelles formes, souvent plus insidieuses, auxquelles il convient d’être vigilant et de résister, aussi le recours à l’œuvre et à l’action de Fanon est plus que jamais d’actualité. Fanon incite toujours à refuser toutes les formes de discrimination et d’exclusion, liées à la couleur de la peau, à l’origine géographique ou sociale, ou encore au genre. On n’insistera jamais assez sur l’universalité de la pensée de Fanon, qui s’est nourrie d’une expérience irremplaçable de la souffrance, de la résistance et de la lutte.

Pour valoriser cette pensée et relever ces défis, la Fondation Frantz Fanon entend rester fidèle aux valeurs et aux formes d’engagement qui ont marqué la vie de Frantz Fanon, à sa liberté de propos et à sa rébellion contre le colonialisme sous toutes ses formes. Elle sera à son image, multidimensionnelle en étant :

  • Un lieu de mémoire, d’archives et d’édition où chacun pourra trouver les œuvres de Frantz Fanon, les analyses et débats que celle-ci ont suscités, mais aussi la mémoire des penseurs de l’anticolonialisme ainsi que le partage de leurs expériences. Il s’agit de valoriser l’oeuvre de Frantz Fanon et de le rendre présent à la mémoire collective dans les espaces publics. Avec entre autres, édition et vente d’ouvrages et/ou de revues ; mise en valeur -par la recherche d’archives venant d’autres fonds ou d’archives personnelles- du fonds documentaire déposé à l’Institut de l’édition de la mémoire contemporaine –IMEC- ; organisation d’une bibliothèque et d’une banque de données accessibles par Internet ; traductions de documents et d’ouvrages de référence.
  • Un lieu de rencontre et de réflexion où chercheurs, psychiatres et personnel soignant, militants, politiques et citoyens pourront confronter leurs idées à travers la réalisation de publications et l’organisation de conférences et de débats. Favorisant entre autres, des manifestations pour la promotion de l’actualité et de la pertinence de la pensée et de l’œuvre de Frantz Fanon -colloques, rencontres, conférences- aide au financement de travaux de recherche, par exemple les formes prises par la relation dominant/dominé dans un monde globalisé, et de l’œuvre de Frantz Fanon ainsi que leur valorisation- ; signature de partenariats avec des instituts de recherche.
  • Un lieu de partage et de construction de solidaritéentre mouvements du Sud et du Nord, entre les damnés de la terre, participant à la mise en place d’un mouvement anticolonialiste et de solidarité internationale et partageant une même approche critique des échanges tant au niveau de l’économique, du culturel que du social ou du politique et des questions touchant à l’environnement. Avec entre autres, le renforcement de la coopération avec des militants et mouvements sociaux étrangers.
  • Un lieu de formation, d’éducation populaire et d’information, où seront soutenus les acteurs de l’anticolonialisme d’aujourd’hui revisité dans le contexte de la mondialisation et où seront interrogées et analysées les représentations mentales (en particulier le racisme ou l’ethnicisation, la xénophobie…) liées aux conséquences de la colonisation passée et aux nouvelles formes de colonisation et de colonialisme imposées par une mondialisation financière et militaire. Avec entre autres le développement et l’animation d’un réseau de partenaires dans les institutions internationales.
  • Un lieu de résistance et de proposition, où s’exprimeront et seront promues des campagnes citoyennes par tous ceux qui refusent les stéréotypes stigmatisant, l’aliénation des esprits, la recolonisation économique, la prétendue guerre des civilisations, et le maintien de situations et de rapports coloniaux dans le monde d’aujourd’hui ainsi que des actions de défense des droits humains et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Ces objectifs pourront trouver leur expression dans des programmes axés sur l’actualité de la pensée de Fanon, ainsi de l’éducation à la Citoyenneté et « au faire monde » dont Frantz Fanon a pensé les prémisses dans ce qu’il identifie comme « l’homme nouveau » et de l’anticolonialisme, des études postcoloniales questionnant les identités et les catégories dominantes de la pensée, de l’histoire et des mémoires de la colonisation et de la valorisation des mémoires anticoloniales mais aussi de thématiques telles que linguistique et colonialisme, muséologie et restitution d’œuvres, cultures du colonialisme, aliénation, émancipation et libération.