Déclaration de la Fondation Frantz Fanon

Mumia Abu Jamal : ne jamais baisser le garde

Nous aurions tort de croire que la décision du juge Mariani déclarant inconstitutionnel le choix de ne pas soigner avec un traitement approprié l’hépatite C de Mumia Abu Jamal allait déboucher dans les jours suivants sur la mise en place du traitement. Entre janvier et avril dernier, les autorités pénitentiaires ont utilisé tous les moyens pour reculer devant cette obligation qui leur était faite, au prétexte du coût du traitement. Le 7 avril, elles ont enfin rendu les armes, et accepté de respecter la décision de justice. Outre Mumia, deux autres prisonniers de la prison de Mahanoy pourraient aussi recevoir le même traitement.

Mais entre temps, faute de traitement, Mumia a développé une cirrhose du foie. Des mois de perdus, et cela ressemble bien, une fois de plus, à une revanche ignoble contre un homme innocent mais qui ne recule devant aucun obstacle, un homme debout. Mumia résiste, comme ceux qui aux Etats unis le soutiennent, l’assistent et réagissent à la moindre menace. Ainsi depuis le 26 avril au soir, quelques jours après le début de son traitement et au lendemain d’une audience au pénal où sa défense demandait sa libération, Mumia Abu Jamal a disparu de leurs radars de veille. Personne ne savait où les autorités pénitentiaires l’avaient emmené. Il aura fallu la pugnacité de quelques soutiens pour enfin apprendre qu’il avait été emmené à l’hôpital où il a subi une endoscopie. Mais cette ‘disparition’ de Mumia est une fois de plus une mesure de rétorsion. Les autorités pénitentiaires ont justifié l’hospitalisation de Mumia pour s’assurer que l’administration du traitement n’était pas la cause de saignements oesophagiens. Principe de précaution mais surtout une façon de garder la main sur le devenir de Mumia, après des années de traitements inhumains mettant sa vie en danger en violation de ses droits constitutionnels et fondamentaux. Par tous les moyens, leur unique obsession est de le réduire au silence.

Ne baissons pas la garde, soyons la voix de celui qui n’a jamais cessé d’être la voix des sans voix. Notre solidarité est plus que jamais nécessaire pour ceux qui, prisonniers politiques, sont emprisonnés sous un système où la justice ne fait plus sens. Résistons avec ceux qui de l’intérieur ne cessent de résister.

Paris, le 1er mai 2017

Ecrire à Mumia Abu Jamal MUMIA ABU-JAMAL AM 8335 SCI Mahanoy 301 Morea Road Frackville, PA 17932

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