Rencontres de la Fondation Frantz Fanon, 9/12/2015, IMA, partie 5, Table ronde 4 Fanon, poésie, littérature et engagement

Norman Ajari, université Toulouse-Jean Jaurès, La conférence de Fanon sur « Racisme et culture », soixante ans après. Sur les imaginaires européens de l’homogénéité. [1]

Les interventions suivantes à venir très prochainement !

Notes

[1Norman Ajari, La conférence de Fanon sur « Racisme et culture », soixante ans après. Sur les imaginaires européens de l’homogénéité
Docteur en philosophie, Norman Ajari est attaché temporaire d’enseignement et de recherche à l’Université Toulouse-Jean Jaurès. Ses recherches portent sur la philosophie africaine, l’histoire de la philosophie sociale et politique, et la pensée décoloniale.
Prononcée en 1956, la conférence « Racisme et culture » de Frantz Fanon a encore beaucoup à nous apprendre. Annonçant la disqualification de « modes d’exister » et de pratiques culturelles jugées exotiques comme la forme de racisme promise au plus bel avenir, elle semble évoquer les débats de l’Europe d’aujourd’hui. Cette communication se propose, à la lumière de l’actualité, de revenir sur la théorie fanonienne du racisme.
Redéfinissant la culture, non comme l’objet d’une possession, mais comme une puissance d’agir, une vitalité créatrice, Fanon décrit dans l’ensemble de son œuvre l’obsession violente de l’autoconservation comme la caractéristique des civilisations moribondes. La crainte proclamée d’une « insécurité culturelle », brandie de l’extrême droite à la gauche du champ politique français, en est une preuve. Elle apparaît comme telle dès lors qu’on admet que la quête d’une sécurité culturelle est l’inverse de la culture : le fondement de la barbarie coloniale.