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UN ARTICLE DE GILAD ATZMON
L’ "hommage" de Human Rights Watch au Professeur Richard Falk
Human Rights Watch (HRW) vient de bannir de ses rangs le Professeur Richard Falk, un officiel de premier plan de l’ONU.
26 DÉCEMBRE 2012
Richard_Falk
Les détails croustillants ont été aimablement fournis par le blog UNWatch"Nous félicitons Human Rights Watch et son directeur Kenneth Roth pour avoir fait ce qu’il fallait en bannissant cet ennemi des droits de l’homme de leur éminente organisation," a dit Hillel Neuer, un supporter israélien directeur exécutif de UN Watch. "Un homme qui soutient l’organisation terroriste du Hamas et qui vient d’être condamné par le Foreign Office britannique pour avoir dit du bien d’un livre violemment antisémite, n’a pas sa place dans une organisation dédiée aux droits humains."

En bon serviteur de la Hasbara israélienne, Neuer utilise tous les trucs qu’il connaît pour désinformer ses lecteurs. D’abord le Hamas n’est pas une ’organisation terroriste’, c’est un gouvernement élu démocratiquement et le livre dont parle Neuer est de toute évidence le mien - The Wandering Who(Celui qui erre) - qui a reçu l’approbation de Richard Falk ainsi que d’humanistes et érudits parmi les plus importants de notre temps - un livre qui est un best-seller depuis six mois en Angleterre comme aux États-Unis, qui a été traduit en 10 langues et qui est disponible dans sept éditions dans des pays qui ont tous des lois réprimant toute forme d’incitation raciale et de négation de l’Holocauste. Le fait est que les Sionistes et autres "progressistes" vont devoir se faire à l’idée que The Wandering Who est en fin de compte tout à faitkosher.

Donc le Professeur Falk a dit qu’il aimait mon livre et il n’a pas cédé à la pression pas plus que les autres personnes qui se sont exprimées dans ce sens. Cela est vraiment de nature à inquiéter tous les Sionistes et leurs agents.

Voilà le commentaire du Professeur Richard Falk sur The Wandering Who :

"C’est un livre écrit avec une totale intégrité qui a le pouvoir de nous transformer et que tout le monde (spécialement les Juifs) qui se préoccupent vraiment de la paix et de leur propre identité devraient non seulement lire, mais aussi méditer et discuter abondamment."

Mais le problème n’est pas UN Watch et son inféodation tribale, ni son directeur sioniste. Après tout, ils font simplement ce qu’on attend des Sionistes -mentir, harceler, insulter et si nécessaire fabriquer des preuves. Non, c’est l’attitude de l’organisation soi-disant ’progressiste’ ’Human Right Watch’ et de son directeur Kenneth Roth qui est intéressante.

À première vue, HRW est une ONG indépendante ’dédiée à la défense et la protection des droits humains’. Mais il ne faut pas plus de quelques secondes de recherche pour s’apercevoir que son principal donateur est le sioniste libéral George Soros à travers son Open Society Foundation(fondation pour une société ouverte) ; c’est le même Soros et la même ’Open’ society qui soutiennent la plupart des ONG palestiniennes y compris le BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions) ce qui pourrait expliquer pourquoi le BDS de Ramallah était si pressé de renoncer au droit le plus précieux des Palestiniens, c’est à dire au Droit au Retour. On ne sera pas non plus étonné d’apprendre que ce même Soros, celui qui finance HRW, s’ingénie à ’révéler’ les manquements du Hamas dans le domaine des droits humains. Est-ce que ce n’est pas exactement ce qu’on attend d’un spin meister sioniste libéral ?

Dans l’ouvrage satirique, "A Glossary of Zionist Power,"(Lexique du pouvoir sioniste) que je suis en train de terminer, je cite Soros et son Open Society. Dans le livre, je dis que Soros est un ’Juif qui soutient de bonnes causes qui sont aussi très bonnes pour les Juifs’ et que la ’fondation Open Society se consacre à transformer les personnes démunies en lecteurs du Guardian’. Il va falloir maintenant que je rajoute HRW et Roth. Tous les deux ne sont que des "sionistes déguisés en progressistes" et, comme tous les organismes progressistes juifs que se dédient à la défense d’intérêts tribaux et ethniques, HRW a pour fonction de repérer, contrôler et étouffer toute critique d’Israël surtout si elle touche au coeur du problème, à savoir le caractère juif de l’État juif.

Le Professeur Falk a peu de chance de survivre dans ce milieu tribal pour une simple raison. A la différence du sioniste Neuer, du sioniste libéral Soros, et du ’sioniste anti-sioniste’Roth, le Professeur Falk est l’incarnation de la réussite du projet sioniste. Le Sionisme des débuts promettait de faire des Juifs ’un peuple comme les autres’. Le Sionisme voulait créer un Juif qui transcende la tribu, un Juif avec une vision universelle et éthique. De plus, les premiers Sionistes croyaient qu’une telle transformation ne pourrait s’opérer qu’en Palestine. Bien sûr ils se trompaient mais il faut quand même noter que les plus grands universalistes juifs et les plus prolifiques sont en fait des Israéliens (Professeur Yishayahu Leibovitch, Professeur Israel Shahak, Nurit et Miko Peled, Gideon Levy, Amira Hass, Uri Avneri, Ilan Pappe, Israel Shamir et beaucoup d’autres). Mais le Professeur Falk et quelques autres ont réussi à atteindre le même niveau dans la diaspora. Les juifs que nous admirons le plus, notamment pour leur intégrité - je parle par exemple du Professeur Norton Mezvinsky, du Professeur Norman Finkelstein, du Professeur Falk - ont tous quelque chose en commun : ils n’oeuvrent pas dans des cercles politiques ouverts aux seuls Juifs. À la différence de JVP (une voix juive pour la paix), IJAN (réseau Juif international antisioniste), HRW et Mondweiss, qui se consacrent tous à promouvoir les intérêts juifs, ils promeuvent des valeurs universelles.

En conséquence, je soutiens que le Professeur Falk nous offre un aperçu de ce que pourrait être une vraie émancipation juive -la capacité de briser le ghetto mental, intellectuel et dépourvu d’éthique. De plus, le dernier épisode du Herem (expulsion Kosher) par HRW de l’un des plus grands humanistes de notre génération est un événement très révélateur.

Beaucoup d’entre nous considéraient depuis longtemps le Sionisme et Israël comme le père et la mère du mal contemporain mais maintenant beaucoup d’entre nous se rendent compte que la politique progressiste juive est tout aussi sinistre sauf que, à la différence du Sionisme qui est seulement coloré de mensonge, le discours progressiste juif est profondément malhonnête - ses mots se réfèrent à l’universel mais la pensée qui les sous-tend est tribale.

Notre différend avec Israël et le Sionisme est clair, mais lemodus operandi des AZZ (sionistes anti-sionistes) et leur effort incessant pour dominer le discours progressiste tout en étouffant la liberté d’expression fait que les humanistes se méfient de plus en plus de toutes les expressions politiques juives, qu’elles soient de droite, de gauche ou du centre.

J’aime à penser que mon livre "The Wandering Who" a été la première tentative pour aborder ouvertement ce problème. Je l’ai écrit parce que je suis moi-même quelqu’un qui erre ; j’ai décidé de quitter ma patrie pour ne pas vivre sur une terre qui appartient à d’autres. Peut-être que le Professeur Falk a fait un commentaire élogieux de mon livre parce que comme moi, il erre. Il réfléchit sur son identité et sa notion de la justice d’un point de vue transcendantal. Comme moi c’est un artiste, un poète, un homme qui cherche la beauté la paix et la vérité quoi qu’il lui en coûte. Il n’a rien de commun avec la fondation Open Society de George Soros qui a donné 100 millions de dollars à HRW pour réduire au silence des êtres d’élites habités par la soif de vérité et de beauté comme le Professeur Falk et d’autres.

Gilad Atzmon 
gilad.co.uk, 22 décembre 2012.

Traduit de l’anglais par Dominique Muselet (26.12.2012) : 
http://www.info-palestine.net/spip.php?article13030

Texte original en anglais (22.12.2012) : 
http://www.gilad.co.uk/writings/watch-human-rights-watch-a-tribute-to-prof-richard-falk.html#entry32148567