Forum Social Mondial Tunis 2013

, par admin

Synthèse de l’Assemblée Préparatoire du

Forum Social Mondial Tunis 2013

Monastir

Du 12 au 17 Juillet 2012

UN AUTRE MONDE EST POSSIBLE

UNE AUTRE TUNISIE EST POSSIBLE

Dignité

 

Une assemblée préparatoire s’est tenue du 12 au 17 juillet 2012 à Monastir en vue de la préparation du prochain Forum Social Mondial qui aura lieu à Tunis en mars 2013.

Près de 1700 acteurs de la société civile venus du monde entier se sont ainsi réunis pour participer, débattre, discuter et échanger dans différents ateliers sur les thématiques suivantes :

- « Liberté de circulation et fermeture des frontières » ;

- « Démocratie, Citoyenneté et Droits humains » ;

- « Droits Économiques et Sociaux face à la mondialisation néolibérale et la privatisation » ;

- « Diversité, droits culturels, liberté d’expression et accès à la technologie » ;

- « Protection de l’environnement » ;

- « Femmes et lutte pour l’égalité, la parité et contre les violences » ;

- « Jeunes et luttes socioculturelles ».

Le Conseil Africain s’est tenu le 12 juillet. La journée du 13 juillet a été consacrée à la thématique des mouvements sociaux et de la migration en Tunisie et l’Assemblée Maghrébine a eu lieu le 14 juillet. Enfin, les journées du 15, 16 et 17 juillet ont été consacrées au Conseil International.

Ce document entend ainsi présenter une synthèse des différents ateliers et des assemblées qui se sont tenus dans la semaine du 12 au 17 juillet 2012 à Monastir.

Pour des raisons de traduction et de manque de transmission fidèle des rapports, nous n’avons pu rendre compte de l’ensemble des échanges et enjeux soulevés par les ateliers. De plus, des groupes créés suite aux ateliers envisagent des initiatives dont nous rendrons compte de façon complète après le FSM 2013.

Sommaire

Atelier : Droits environnementaux, droits sociaux et droits aux ressources

Atelier : Justice transitionnelle en Tunisie

Atelier : Droits des migrants

Atelier : Liberté de circulation

Atelier : La dette

Atelier : Disparu(e)s et mobilisations contre les morts et disparitions aux frontières

Atelier : Développement alternatif

Atelier : Le logiciel libre, citoyen libre et citoyenneté à l’ère numérique

Atelier : La diversité culturelle et linguistique

Atelier : Liberté de la presse et médias alternatifs

Atelier : Les diplômés chômeurs au Maghreb

Atelier des jeunes : Marginalisation et luttes socioculturelles

Atelier : Dynamiques femmes

 Assemblée Maghrébine

Séminaire et Conseil Africain

Rencontre du Conseil International du 15 Juillet 2012 : Les mouvements sociaux au prisme des révolutions

Rencontre du Conseil International : travaux en plénière du 16 juillet 2012

Rencontre du Conseil International : travaux en plénière du 17 juillet 2012

Flottille des peuples Boats 4 People

Activités culturelles

Liens utiles

 

  • Ø Atelier : Droits environnementaux, droits sociaux et droits aux ressources.

 Cet atelier a été animé par le Professeur Habib Ayeb et a rassemblé plus de 40 participants.

Le sommet RIO +20, organisé par les Nations Unies, a mis en exergue que l’humanité doit faire face à trois crises : une crise financière et économique, une crise environnementale et une crise alimentaire. La solution préconisée est celle de l’économie verte, une solution permettant également la croissance économique.

Le sommet des Peuples du FSM a réuni plus de 80 000 personnes afin d’énoncer que « L’humanité a besoin d’autre chose » et de proposer des alternatives telles que l’économie sociale et solidaire. Celle-ci se base sur la bonne gestion des ressources et des biens communs tout en étant respectueuse de l’environnement. Elle n’est pas uniquement fondée sur la recherche de profits[1].

En outre, le droit à l’eau, en tant que ressource vitale, a été abordé. Il a également été rappelé que l’eau en tant que bien commun doit être protégée entre autres en taxant les surconsommations comme celles provenant de l’agriculture intensive.

  • Ø Atelier : Justice transitionnelle en Tunisie.

Intervenants : Monsieur Amor Safraoui et Madame Sihem Ben Sedrine. Plus de 60 personnes ont assisté à cet atelier.

Le décret n°1 relatif à l’amnistie générale ainsi que le décret régissant les droits des victimes (familles des martyrs et blessés de la révolution) et le droit à la réparation équitable a institué un des mécanismes de la justice transitionnelle en Tunisie.

Ainsi, un Ministère de la justice transitionnelle et des droits de l’Homme a été créé afin d’offrir réparation aux victimes de l’ancien régime. 

Néanmoins, la justice transitionnelle souffre actuellement de ses dimensions sélectives et punitives.

  • Ø Atelier Droits des Migrants[2].

Atelier animé par Conni Gunnser du réseau international Afrique Europe Interact[3] et Stéphane Julinet de l’association marocaine Groupe de Défense et d’Accompagnement des Étrangers et des Migrants (Gadem) [4]. L’atelier a rassemblé plus de 30 participants.

Deux points ont été évoqués lors du débat. Le premier exposait la situation des migrants au camp de Choucha. Le second concernait la situation générale des migrants au Maghreb et au Mali.

Situé à la frontière entre la Libye et la Tunisie, le camp de Choucha abrite des réfugiés qui souffrent d’un manque de soins médicaux, d’un manque d’hygiène, d’un manque d’éducation pour les enfants et d’un manque de liberté de mouvement en Tunisie. La non-obtention du statut de réfugié délivrée par l’UNHCR ainsi que l’impossibilité de migrer vers un autre pays sont à l’origine de nombreuses impasses pour les réfugiés qui se trouvent alors sans statut juridique et sans droits en Tunisie.

Au Mali, la rébellion des touaregs et la séparation entre le Nord et le Sud sont à l’origine du blocage de nombreux migrants. Par ailleurs, d’autres pays tels que l’Algérie et la Tunisie ne disposent pas de système d’asile et ne peuvent fournir de protection ou de statut légal aux migrants. Ils sont alors contraints de retourner dans leurs pays de départ malgré des risques majeurs. Le Maroc a quant à lui, signé la convention de Genève sur les Réfugiés et a adopté en 2003 la loi “02/03”[5] qui criminalise les migrants. Cependant, le statut de réfugié donné par l’UNHCR ne garantit aucun droit au Maroc, excepté celui de ne pas être renvoyé dans son pays d’origine.

En conclusion, il a été évoqué la tenue d’un “Forum Social

des Migrants” à Oujda les 6 et 7 Octobre 2012.

  • Ø Atelier : Liberté de circulation.

Une dizaine de personnes ont participé à cet atelier auto-animé.

L’atelier a été introduit par une définition du droit à la liberté de circulation. Deux points ont été abordés :

1) la liberté de circulation, les inégalités et le contrôle des frontières.

2) Les moyens proposés pour lutter pour la liberté de circulation.

Le premier axe postulait que les inégalités concernant le droit de circuler librement résulteraient des inégalités présentes à tous les niveaux (économique, social, géographique…) entre les différents pays et régions. Ces inégalités seraient la cause directe d’une inégalité de citoyenneté dans le monde.

Dans un second temps, il a été proposé de prévoir une organisation d’actions de sensibilisation afin de lutter en Europe contre les stéréotypes qui justifient les politiques migratoires. Il aussi été proposé de lutter contre le sentiment d’infériorité en Afrique a fin d’empêcher la banalisation des restrictions à la liberté de circulation.

A ce titre, les réseaux Afrique Europe Interact et Boats 4 People[6] en partenariat avec le club de psychologie de l’université de sciences humaines et sociale de Tunis (9 avril) ont proposé d’organiser une caravane de sensibilisation aux droits à la liberté de circuler en décembre 2012 ou Mars 2013 en Tunisie. Cette caravane aurait pour but de sensibiliser un maximum de personnes à travers des activités culturelles (théâtre, cinéma, musique) et des ateliers. En outre, des actions de mobilisations ont été préconisées. Ceci permettrait alors de renforcer le plaidoyer pour le droit à la liberté de circulation.

L’atelier s’est conclu sur le constat que la liberté de circulation permettrait de faire cesser les morts aux frontières.

  • Ø Atelier sur la dette.

Raid Tunisie[7] et le comité pour l’annulation des dettes des pays du tiers monde, ont présenté la problématique générale de la dette.

Il a été communément admis que les dettes persistantes après la chute de la dictature sont illégales et que le contexte actuel des mouvements révolutionnaires ne permet pas le remboursement de ces dettes. D’autres demandes liées à ces mouvements de contestation devraient alors être prioritaires.

L’objet de la mobilisation s’articule autour de l’arrêt du remboursement des dettes sans limites ni conditions, dans le cadre d’une décision légale et souveraine.

La réalité empirique des révolutions a ainsi permis de contrecarrer une vision erronée – mais dominante – qui lie le développement au mécanisme des dettes. Plusieurs exemples tunisiens, marocains et égyptiens ont été présentés afin de montrer entre autres les relations entre la dette, la privatisation, le déséquilibre des finances publiques et la corruption.

Toutes les interventions de l’atelier ont donc admis que la problématique des dettes est intrinsèque au régime autocratique. Corrélativement, la chute de ce dernier est insignifiante si la dictature de la dette persiste.

Il a ainsi été demandé aux mouvements sociaux et aux forces révolutionnaires une immense mobilisation afin d’obtenir :

1/ Une cessation immédiate du paiement des dettes.

2/ Un audit des dettes.

3/ L’annulation des dettes.

La richesse des différents positionnements sur l’approche de la problématique des dettes a permis un accord des participants une mobilisation populaire et une large action citoyenne. Cela afin de faire pression sur les gouvernements de l’après révolution. Une coordination et une mise en réseaux entre les différentes forces, les acteurs sociaux et leurs homologues dans les pays du Nord est évidemment nécessaire pour permettre à la mobilisation d’atteindre ses objectifs.

  • Ø Atelier : Disparu(e)s et mobilisations contre les morts
    et disparitions aux frontières.

Les quarante participants à l’atelier « Disparu(e)s et mobilisations contre les morts et disparitions aux frontières » ont décidé ensemble de se mobiliser sur les points suivants :

  1. Soutenir la grève de la faim effectuée par les parents des migrants morts et disparu(e) tunisiens devant le Ministère des affaires sociales tunisien.
  2. La création d’une liste de discussion afin d’échanger des informations dans le cadre d’un réseau sur la problématique des morts et disparu(e)s migrants. Cela afin de préparer le prochain Forum Social Mondial.
  3. Mobiliser le plus possible autour de l’appel « MIGRER POUR VIVRE ! ARRETONS LES MASSACRES ! » qui s’inscrit dans le cadre de la prochaine Journée d’action globale contre le racisme et pour les droits des migrants, réfugiés et personnes déplacées. Celle-ci aura lieu le 18 décembre 2012 et abordera principalement la thématique des morts et disparus migrants.
  4. Lancer le 18 décembre 2012 une campagne internationale pour la création de commissions indépendantes de la société civile dans tous les pays impliqués pour exiger l’information et la justice sur le décès et la disparition des migrants.
  5. Demander que le groupe de travail des Nations Unies contre les disparitions forcées agisse dans tous les pays touchés par cette problématique.
  • Ø Atelier : Développement alternatif [8].

Rapporteur : Monsieur Mimoun Rahmouni (ATTAC-CADTM Maroc). L’atelier a réuni plus de 30 participants.

Les participants ont constaté que le modèle de développement imposé depuis la signature des actes ‘’d’ indépendances ‘’ il y a cinquante ans a généré en réalité cinquante années de sous-développement, de marginalisation et d’exploitation. Autrement dit, cinquante ans de domination dans toutes ses formes à savoir économique, culturelle, politique …

Ainsi, il faudrait faire avancer l’idée qu’il n’y a pas de modèle de développement unique et que c’est aux peuples de décider du leur.

L’atelier ensuite a relevé que le développement d’une partie du monde s’accompagne toujours du sous-développement ailleurs, autrement dit les pays au centre de l’impérialisme se sont développés au détriment des pays de la périphérie à travers les mécanismes d’exploitation et de domination (en particulier la dette et les accords de libre-échanges).

De ces constats il est à dire que sans liberté et sans autodétermination des peuples concernant leurs modèles de développement, il ne peut pas avoir de démocratie.

L’atelier c’est conclut sur les solutions que pourrait apporter un modèle de développement dans le cadre d’une Union du Maghreb. Ce modèle mise en œuvre par des économies complémentaires servirait d’avantage l’intérêt des peuples.

Atelier : le logiciel libre, citoyen libre et citoyenneté à l’ère numérique[9].

Animateur : Aymen Amri de Hackerscop. L’atelier a réuni environ une vingtaine de participants.

Les échanges de cet atelier sont concentrés autour des nouvelles formes de pouvoir et de mobilisations permises par les nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC). Cela avec pour objectif de débattre des conséquences, positives et négatives de l’accessibilité de ces technologies pour la démocratie.

En effet, les TIC semblent redéfinir les géographies sociales et ses centres d’activités, en donnant d’avantage de levier politique aux individus. Leur utilisation peut cependant poursuivre des objectifs louables ou nuisibles, et leur accessibilité, bien qu’étendue géographiquement, peut demeurer discriminatoire notamment au niveau économique et social.

  • Ø Atelier sur la diversité culturelle et linguistique :

L’atelier à constaté une marginalisation de la diversification culturelle au sein des forums sociaux. Il faut donc y intégrer une analyse du contexte régional qui prenne en compte la pluralité culturelle et linguistique (comme par exemple la présence des Amazighs) dans le contexte de la démocratisation.

Cela afin de lutter contre les inégalités de traitement qui persistent dans la société malgré les changements légaux ou constitutionnels. Par exemple, malgré leur reconnaissance constitutionnelle au Maroc, les Amazighs n’ont pas d’égalité de traitement avec les autres Marocains.

En conclusion, les différents défis à relever pour le FSM 2013 sont :

- La création de mécanismes pour assurer la diversification culturelle.

- la création de réseaux institutionnels et d’organisations de base dans les pays du Maghreb en se basant sur la charte de Porto Alegre.

  • Ø Atelier Liberté de la presse et médias alternatifs :

Atelier animé par l’équipe de e-joussour[10] avec plus de 40 participants.

Une réflexion a été entamée sur le statut des médias alternatifs et communautaires. Celle-ci a débouché sur l’idée de création d’un réseau méditerranéen pour la promotion des médias alternatifs. Principalement les radios communautaires qui représentent un outil de démocratisation et de développement incontournable.

L’atelier a visé d’une part à définir les contextes, rôles et enjeux des médias alternatifs dans la région et d’autre part à discuter de l’appropriation des nouveaux médias par la société civile. Notamment les radios associatives communautaires.

Ainsi pour capitaliser les initiatives entreprises et promouvoir les médias alternatifs, un travail à l’échelle régionale s’impose et s’avère incontournable. Les participants ont envisagé une campagne de promotion des médias alternatifs au niveau maghrébin.

  • Ø Atelier les diplômés chômeurs au Maghreb :

La problématique de l’emploi est toujours un élément moteur du processus révolutionnaire.

Recommandations de l’atelier :

­ La coordination commune des organisations de chômeurs dans les pays du Maghreb et leur articulation en réseau.

­ La création de médias alternatifs est nécessaire qui portent la voix des chômeurs et qui traitent la problématique de l’emploi.

­ Faire participer les associations dans la lutte contre le néolibéralisme.

­ La lutte pour le droit au travail et l’éradication du chômage.

  • Ø Atelier « Jeunes, marginalisation et luttes socioculturelles »

L’atelier est parti du constat que les jeunes sont marginalisés dans les droits politiques, économiques et sociaux à cause du système néolibéral. Il est aussi parti du constat que la jeunesse n’a pas le droit de décision dans les organisations et les institutions.

Les recommandations de l’atelier donc ont été les suivantes :

- Il faut contrer les effets de la mondialisation, la militarisation dans la région et les mouvements conservateurs.

- Il faut éviter les dérèglements environnementaux.

- Il faut renforcer le forum social Maghreb/Machrek et supprimer les frontières.

- Il faut une unification du discours politique dans les mouvements sociaux.

  • Ø Atelier Dynamiques femmes :

Cet atelier, a ressemblé une trentaine de personnes et a été animé par Ahlem Belhadj.

Les axes suivants ont été abordés :

­ La pauvreté et la précarité des femmes.

­ La violence à l’égard des femmes.

­ La citoyenneté et l’égalité.

­ La mise en réseau pour la création d’un mouvement de femmes au niveau local, régional et international.

Les débats étaient riches et abordaient des questions profondes et diverses, les recommandations dégagées de ces échanges sont les suivantes :

­ Mettre en place une stratégie de mouvement collectif pour lutter et imposer les droits humains des femmes.

­ Militer pour un nouveau modèle de développement basé sur le droit au travail, le droit à la protection, et la sécurité sociale, le droit syndical et tous les droits et mécanismes qui garantissent le travail décent à toutes et à tous.

­ Militer pour promouvoir et protéger les lois locales et régionales.

­ Militer pour un projet social démocratique progressiste.

  • Ø Séminaire et Conseil Africain

Envisagé dès la réunion préparatoire d’avril 2012, un séminaire et un conseil du Forum Social Africain se sont tenue le 9, 10, 11 et 12 juillet 2012 à Tunis et à Monsatir.

Le séminaire organisé au siège de l’Union des Travailleurs du Maghreb Arabe a été l’occasion de mettre l’accent sur certaines préoccupations des mouvements sociaux africains te que la question migratoire, les accords du libre échange avec l’Union européenne ainsi que la communication en tant que instrument de renforcement de la société civile pour le plaidoyer et la participation.

Le Conseil Africain, après un bref rappel de l’évaluation du FSM Dakar 2011, il a étudié les stratégies possibles d’implication à l’organisation du FSM Tunis 2013, de mobilisation et de participation. A cet effet, la décision à été prise : Appuyer pleinement le processus d’organisation de Tunis 2013 par une implication concrète dans la mobilisation des ressources, le partage des leçons des différents processus organisés en Afrique.

Il aussi décidé d’organiser le prochain forum social africain à Kinchassa ainsi que deux forums social régionaux en Afrique Centrale et en Afrique ouest, et ce afin de maximiser la mobilisation africaine pour Tunis 2013.

  • Ø Assemblée Maghrébine

Lors de la séance matinale de la journée du 13 juillet, le membre du Conseil International Kamel Lahbib a pris la parole et a commencé son intervention par des points et questionnements autour processus du Forum machrek-maghreb et du Forum Social Mondial :

­ Quel traitement de la thématique de la situation des migrants ?

­ Quel espace pour le Forum Social ?

­ Quelle promotion des libertés et la mobilisation contre le néolibéralisme et la lutte contre le despotisme et pour les droits de l’homme et le partage équitable des richesses ?

­ Quelles solutions aux litiges dans la région du Sahara Occidental ?

Il a conclu sur le fait que le renforcement des relations intra-africaines peut apporter des solutions fructueuses aux conflits que vit cette région.

L’Assemblée a également présenté un rapport sur le processus du forum maghrébin de 2010, ci-dessous les points relevés :

­ Le croisement de l’approche Nord et l’approche Sud notamment sur la question des migrations.

­ La mobilisation pour la liberté de circulation en Algérie et au Maroc.

­ La situation désastreuse des migrants en Europe et en Afrique.

  • Ø Rencontre du Conseil International du 15 Juillet 2012 : les mouvements sociaux au prisme des révolutions.

Cette assemblée a été animée par Francine Maestrum, Jose Correa et Hector Delquea. Elle a réuni environ 250 participants.

Francine Maestrum a commencé par souligner que parmi les grands défis d’aujourd’hui le plus important est celui des inégalités économiques engendrées par les politiques néolibérales. En effet, il ne suffit pas de donner aux pauvres accès au marché pour que ces inégalités se résorbent.

Les intervenants ont ensuite développé le fait que les révoltes en Méditerrané ont montré les limites du capitalisme. On parle ici de révoltes et pas de révolutions car les buts poursuivis par les révolutionnaires ne sont pas encore atteints. Cela tout en soulignant que la révolution a libéré beaucoup de capacité et que la préparation du FSM en Tunisie en est[11] .

  • Ø Rencontre du Conseil International, travaux en plénière du 16 juillet 2012 :

Un rapport entre le Conseil International du FSM et des activistes a été présenté par Giuseppe Caruso. Quatre points ont été soulevés :

  1. Le forum 2013 doit ouvrir ses portes à de nouveaux acteurs
  2. Comment faire pour que tout le continent africain y participe ?
  3. Comment faire pour que personne ne se sente agressée pour exprimer ses opinions ?
  4. Comment connecter le niveau local-régional-national et international ?

Afin de préparer le FSM et de répondre à ces défis les activités suivantes sont prévues :

- Une caravane commencera en Septembre pour parcourir la Tunisie et des forums sociaux locaux vont avoir lieu.

- Le réseau Babels[12] va préparer un comité d’organisation local et international avec des sessions de formation afin d’assurer la traduction. Ce travail inclura la langue des signes et l’organisation de l’accessibilité au forum des personnes ayant des diversités fonctionnelles.

- Un travail de préparation sur l’inclusion de la question rurale et paysanne en lien avec celle de l’économie solidaire.

- La création d’un groupe de travail afin d’assurer l’inclusion nécessaire de certaines nationalités (Grecs, Libyens...)

- L’organisation de forums internationaux et locaux pour préparer le FSM 2013 comme par exemple le Forum Social Mondial sur la Palestine qui aura lieu au mois de Novembre à Porto Alegre au Brésil.

Il a ensuite été débattu de la pertinence actuelle de la charte de Porto Allegre. En effet, la structure du FSM n’a pas changé depuis 2001 et il serait peut-être nécessaire d’en faire évoluer la forme pour créer une dynamique collective et apprendre des expériences dans les autres pays.

Une proposition est de créer trois groupes de travail internationaux : un groupe traitant des questions financières, un groupe de communication et de mobilisation et un groupe chargé de la méthodologie.

Le groupe méthodologie sera chargé de la coordination entre les groupes de travail préparatoires.

Le groupe communication/mobilisation travaillera en coordination avec les associations en Tunisie. Celles-ci vont lancer des caravanes dont les actions auront pour but de porter les revendications de la population au FSM. Au sein de ce groupe, l’équipe web travaille depuis 6 mois à la communication sur internet et développe de nouvelles initiatives transnationales pour que la mobilisation soit la plus large possible.

La réunion s’est conclut sur l’expression de la volonté commune que le prochain Forum Social Mondial soit un « Printemps Mondial » des mouvements sociaux. Les acteurs de la lutte sociale, les quartiers les plus démunis, les jeunes, les étudiants doivent y participer.

  • Ø Rencontre du Conseil International, travaux en plénière du 17 juillet 2012 :

Cette journée a été divisée en deux séances. La séance matinale consacrée aux travaux des commissions :

- Commission Méthodologie et Contenue.

-  Commission Communication.

- Commission Mobilisation.

-  Commission Finances et Ressources

Lors de la séance matinale, les participants ont soulevé plusieurs points :

­ L’importance de la participation des jeunes et de la mise en avant de leurs apports créatifs pour insuffler un renouveau au FSM.

­ L’importance du support que doit porter le FSM aux mouvements sociaux et associations en Tunisie afin de surmonter les défis que vit le pays.

­ L’importance de la participation large afin que le forum ne devienne pas un Forum des élites et des personnes connues et/ou éloignés de la réalité du terrain.

­ L’importance d’une représentation de la réalité du pays organisateur incluant les différents niveaux : quartier/ local/ régional/ national/ international.

Les trois commissions ont exposé, à travers une séance en plénière, les résultats des réunions soutenues le matin. Plusieurs remarques, idées, propositions et critiques ont été présentées.

Commission communication et mobilisation :

Concernant l’évènement à Venir « FSM 2013 » :

  • Faire connaitre le Forum Social Mondial en Tunisie pour mobiliser et rejoindre le processus en marche.
  • Proposer que les participants viennent au FSM par bateau (au moins pour la zone méditerranéenne) afin d’épargner de l’argent et accroître la participation.
  • Créer un point d’information à Tunis pendant les sept mois à venir pour plus de visibilité et de mobilisation.
  • Utiliser les réseaux sociaux comme nouveaux terrain de communication.
  • Trouver un moyen de diffuser le déroulement des ateliers et des activités du FSM en streaming libre et sans publicité.

Concernant l’assemblée préparatoire :

  • Publier un journal incluant les documents de l’assemblée préparatoire.
  • Renforcer la couverture par les médias officiels et alternatifs.
  • Actualiser l’information concernant le changement des horaires et des salles.

Commission Méthodologie et Contenu :

  • Consacrer une journée à une activité concrète liée à une thématique importante.
  • Mettre en place des « kiosques », « points repères » où on peut récupérer des documents et les travaux des ateliers afin d’assister au déroulement des activités.
  • Élargir la participation au FSM à travers la décentralisation des activités préparatoires de la capitale et faire participer les gens via Internet.
  • La délocalisation d’une ou plusieurs activités du FSM dans un quartier populaire ou en occupant un espace public.
  • La nécessité de faire croiser les nouveaux thèmes et les thèmes classiques.

Les thématiques à inclure au programme du FSM 2013 ont aussi été présentées (la liste pouvant se compléter à l’avenir) :

ü La question des femmes.

ü Question palestinienne.

ü Question Justice/ Injustice internationale.

ü Question racisme, discrimination et marginalisation.

ü Question : Chômage chez les jeunes.

ü Question de la culture alternative.

ü Question de la dette

ü Question des mouvements sociaux et la société civile en Tunisie

ü Question des mouvements sociaux dans le monde.

ü Question de la religion.

ü Question Maghreb-Machrek.

ü Question du Sahara Occidental.

ü Question entreprises transnationales et économie solidaire.

ü Question de l’agrobusiness / Accès au ressources/ Environnement.

Commission Finances et Ressources :

  • Mettre en place des structures de recherche de fonds.
  • Le FTDES assurera la gestion des fonds et le fundraising avec le Maghreb-Machrek, le conseil africain et la Fédération Tunisienne pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR).
  • Consacrer un fond de solidarité pour prendre en charge la participation des personnes venant des régions défavorisées.
  • Réserver un budget pour le secrétariat du Forum Social à Sao Paolo.
  • Réserver un budget pour le processus de consultation.
  • L’implication du secteur privé doit se faire de façon stricte tout en respectant la charte du FSM.
  • Mettre en place des moyens organisationnels et techniques pour garantir la transparence

 Flottille des peuples Boats 4 People

Flottille des peuples Boats 4 People a été mise en place pour dénoncer les morts aux frontières maritimes et l’impunité des Etats responsables. Ainsi que pour revendiquer la liberté de circulation. La flottille a parcourus le trajet Cecina, Palerme, Pontelleria, Monastir, Qsibet El Madyouni, Lampedusa. Ce parcours a mobilisé plusieurs milliers de personnes et a visibilité les différentes activités du réseau (plaintes en justice ; information des marins ; observation et contrôle des contrôleurs de l’immigration).

Arrivée de la flottille :

 Le soir du 13 juillet, l’ensemble des participants à la journée s’est rendu en bus au port de Ksibet el Mediouni. Le bateau Oloferne, de la flottille Boats 4 People a emmené une vingtaine de migrants et d’activistes internationaux vers le port de Ksibet el Mediouni, incluant les participants clefs de chaque atelier. A l’arrivée dans la baie de Ksibet el Mediouni, les bateaux de pêcheurs, avec des banderoles pour la liberté de circulation, ont embarqué l’ensemble des activistes et migrants pour entrer dans le port avec eux. Cette flottille de bateaux de pêche a été accueillie par une foule de plus de 1000 personnes venues des journées préparatoires du Forum ainsi que de la ville de Ksibet. Une performance artistique a eu lieu en même temps, des acteurs peints de blanc se sont avancés sur la jetée, montant sur le phare pour se tâcher de peinture rouge, éclaboussant la foule, pour symboliser la violence de la répression des migrants aux frontières.

 Conférence de presse :

L’arrivée de la flottille et l’accueil des passagers s’est faite sous les cris et les youyous avant une conférence de presse animée par Hamadi Zribi, activiste indépendant engagé auprès des familles de disparus. Cette conférence a eu lieu avec l’intervention des personnes suivantes : Violaine Carrère (Groupe d’Information et de Soutien des Immigrés), résumant les ateliers de la journée et intervenant sur l’illégalité de la répression des migrants en mer au regard du droit international de la mer. Alaa Talbi, directeur de projets du FTDES, résumant l’histoire de Ksibet el Mediouni concernant la migation et la mobilisation de ses habitants pour la dignité des familles de disparus. Emmanuel Mbolela, activiste du réseau Afrique Europe Interact, réfugié pendant plusieurs années au Maroc ayant créé l’ARCOM, première association marocaine de migrants subsahariens, est intervenu sur l’importance de la mobilisation des migrants eux-mêmes pour la liberté de circulation afin d’en finir avec la répression des migrants au nord comme au sud. Nicanor Haon, coordinateur du projet Boats 4 People a conclu la conférence en invitant le public à un lancer de lampions sur la jetée en commémoration aux morts et disparus en mer.

 Action symbolique :

Lâché par les participants et habitants de Ksibet el Mediouni de lampions (lanternes célestes) dans le ciel en commémoration aux mort-e-s et disparu-e-s en mer. Ce lâché s’est fait en même temps qu’une lecture de la liste des morts aux frontières de l’Union Européenne. La liste, imprimée sur un long rouleau de papier, a été déroulée le long de la jetée du port.

Activités culturelles

Un festival culturel riche et varié a été organisé durant la semaine de l’assemblée. Un accueil artistique à la flottille des peuples a eu lieu le 13 juillet au port de Ksibet el Mediouni près de Monastir. Des concerts d’artistes tunisiens et africains ont été organisés dans différentes salles et lieux ouverts. Aussi, des expositions de photographies et de graffitis en lien avec les thèmes abordés dans les ateliers ont été organisées sur les lieux de la rencontre.

Liens Utiles :

Forum Social Mondial Tunisie 2013 :

 http://www.fs-tunisie.com/fr

Forum Social Maghrébin

http://www.fsmaghreb.org/

Charte du Forum Social Mondial

http://www.forumsocialmundial.org.br/

Réseau Boats 4 People

http://www.boats4people.org


[1]Voir le site du Réseau Intercontinental pour la Promotion de l’Economie Sociale et Solidaire : http://www.ripess.org/

[2] Compte rendu disponible sur : http://www.e-joussour.net/node/11559

[4] Voir le site : http://www.gadem-asso.org/

[6] Voir le site : http://www.boats4people.org

[11] Voir l’article sur le site de CADTM : http://cadtm.org/Les-mouvements-sociaux-au-prisme

[12] Voir le site : http://www.babels.org/