La MINUSTAH doit quitter Haïti

, par admin

L’occupation d’Haïti doit cesser.

 

Fondation Frantz Fanon, 12 juillet 2012.

Le 15 juin dernier, des soldats de la Minustah sont entrés par force au sein de la Faculté des Sciences humaines de Port-au-Prince obligeant les étudiants et leurs enseignants à se réfugier dans l’arrière-cour du bâtiment. Ils cherchaient « un camp dont les réfugiés seraient attaqués à coup de jets de pierre et de tessons de bouteille ». Or, aucun camp n’est implanté dans le périmètre de cette Faculté. Ce n’est malheureusement pas la première fois que les citoyens haïtiens déplorent les interventions brutales et injustifiées de la Minustah dans l’enceinte universitaire brutalisant les étudiants et parfois même procédant à des arrestations.

 

La Minustah –forte de plus de 13 000 hommes-, par ses agissements et ses exactions, outrepasse largement les missions qui lui ont été assignées dans le cadre de l’accord signé entre l’ONU et le gouvernement haïtien en juillet 2004. Malgré cet accord, nombre de citoyens dénoncent les viols, les vols, les cas d’assassinat, d’intimidation et de bastonnade…La Cour interaméricaine des droits humains n’a-t-elle pas commencé à instruire des plaintes pour meurtre, enlèvement ? 8 ans après l’arrivée de la Minustah, le peuple haïtien fait le triste constat qu’elle ne les protège pas mais favorise l’installation de transnationales venant piller en toute tranquillité les richesses du pays. En agissant ainsi, la Minustah ne respecte pas les principes fondateurs de la Charte des Nations Unies et compromet fortement les missions de l’ONU.

 

Le 15 juin dernier, la Minustah n’a pas respecté les termes de cet accord qui stipule, qu’elle ne peut pénétrer « dans l’enceinte des établissements d’enseignement qui est inviolable, à moins d’un accord avec la direction des dits établissements et dans le cas d’un flagrant délit ».

 

Elle agit de plus en plus comme un instrument d’ingérence et d’oppression obérant gravement le processus de souveraineté de l’Etat haïtien alors qu’elle devrait avant tout respecter les droits fondamentaux, dont les libertés civiles et politiques des citoyens haïtiens.

 

La Fondation Frantz Fanon, dont l’un des objectifs est de refuser la recolonisation des pays qui ont acquis chèrement leur indépendance, dénonce le maintien de rapports coloniaux partout dans le monde mais particulièrement en Haïti.

 

La Fondation Frantz Fanon, solidaire du mouvement social haïtien, demande le départ de cette force d’occupation et la fin de la mise sous tutelle de l’Etat haïtien.